Le logement des jeunes en Ile-de-France décrypté

A propos - illustrat° logement et jeunes francilens IAU

Dans un contexte immobilier où la demande est supérieure à l’offre, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) Ile-de-France vient de publier « Le logement des jeunes dans le parc francilien, hors foyers et résidences sociales » (novembre 2017). Ce rapport analyse les conditions de vie des ménages, âgés de 18 à 29 ans, au regard du marché du logement dit ordinaire [1].

Selon le recensement de la population de 2013, les 18-29 ans représentent une part importante de la population francilienne. Ils font de l’Ile-de-France la région la plus jeune du pays avec un taux de 16%, et ce malgré le vieillissement de la population. Entre 18 et 29 ans, c’est une période d’entrée dans la vie adulte, qu’il s’agisse de l’insertion dans la vie professionnelle, du départ du foyer parental, de l’installation en couple ou de la formation d’une famille.

La réduction du niveau de vie des jeunes

Basée sur les enquêtes nationales sur le logement réalisées de 1973 à 2013 ainsi que sur les données issues du recensement de la population, l’étude de l’IAU souligne deux évolutions marquantes : le niveau de vie des jeunes ménages a diminué et les personnes vivant seules sont devenues majoritaires. En effet, la tendance à la vie en couple a laissé place au célibat. En 1973, les couples avec ou sans enfants étaient de l’ordre de 70.6% en 1973 contre 35.8% en 2013. Tandis que les personnes seules représentaient 22.3% contre 50.3% en 2013. Dans le même temps, a été constatée une forte croissance des accédants à la propriété et de l’offre locative du parc social, mais qui n’a pas concerné les jeunes ménages. La hausse significative du coût du logement doublée d’une faible progression des revenus empêchent la constitution d’un apport suffisant aux jeunes qui débutent leur carrière professionnelle, compromettant ainsi leur solvabilité dans le cadre d’un projet d’achat immobilier.

Des occupants du parc locatif privé essentiellement

Concernant l’habitat social, le manque de logements de petites surfaces, comme les studios et les T2, et le faible taux de rotation des occupants, faute de solution de logement alternative, limitent l’accès des jeunes ménages à ce parc. Du fait de cette conjoncture, les jeunes s’orientent majoritairement vers les logements du secteur privé, dont la charge financière est équivalente à celles des propriétaires sans le bénéfice d’une acquisition. La règlementation moins contraignante des loyers du secteur libre explique l’application d’un loyer élevé : entre 1973 et 2013 les prix des loyers ont été multipliés par dix. Durant cette même période, les revenus des occupants ont, quant à eux, été multipliés par quatre. En conclusion, les faibles ressources, la hausse exponentielle des prix et le manque d’offre dans le parc social pénalisent les jeunes ménages qui, pour une large majorité, assument seuls les dépenses pour se loger.

www.iau-idf.fr/fileadmin/DataStorage/user_upload/Logement_des_jeunes_ENL1973-2013_V27-SRPPJJ.pdf : pour accéder à l’étude sur le site de l’IAU Ile-de-France.

[1] Le logement ordinaire regroupe le parc privé, social et gratuit.