Du foyer au logement : le Vallona va plus loin avec un poste de chargée de mission

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Quitter le foyer de jeune travailleurs (FJT) peut être un vrai problème pour certains résidents, et ce pour diverses raisons. D’abord pour le jeune lui-même qui vient d’être accompagné pendant une période significative de sa vie, prendre son autonomie résidentielle n’est pas aisé. Cela représente un saut dans l’inconnu qui devient rapidement inquiétant. Ensuite, pour le foyer lui-même, c’est un moment important car il est nécessaire que le jeune puisse passer à une autre étape de sa vie. D’autant plus que le foyer ne doit être qu’un passage, avec une durée de séjour limitée à deux années. C’est le fondement même de l’aide apportée par un FJT, qui s’inscrit dans le champ du logement temporaire.

 

Dans le cadre d’un dispositif portant sur l’accompagnement vers et dans le logement (AVDL) avec des cofinancements (Etat, Action logement), le Relais Accueil du Vallona (Hauts-de-Seine) a récemment créé un poste de chargée de mission logement. Son objectif premier est d’accompagner les jeunes vers le logement et de les aider à trouver leur propre toit pour « l’après foyer ».

 

Juliette Rouillé, qui occupe ce poste depuis six mois, nous livre ses impressions.

 

En quoi consiste plus précisément votre mission ?

Mes collègues de l’équipe socio-éducative m’orientent les jeunes qui sont jugés aptes à quitter le foyer et à aller vers du logement pérenne. Leur situation est bien connue par le foyer grâce aux rendez-vous mensuels avec leur chargée de suivi et aux visites de leur logement, qui ont lieu chaque trimestre. Un travail est réalisé en amont du départ du résident pour anticiper les frais liés à l’emménagement. Le résident met de l’argent de côté pour faire face au dépôt de garantie qui lui sera demandé, aux achats des meubles, etc. Mon rôle consiste également à fournir aux jeunes des informations sur les droits et devoirs et les aides possibles, des conseils pratiques…

 

Le plus délicat, c’est quoi ?

C’est de bien saisir le projet de chacun des jeunes. Ils sont amenés à y réfléchir rapidement lors des ateliers « logement » organisés lors de leur arrivée. C’est important, cela permet de faire mûrir la réflexion. Sans cette étape, ma mission se révèle vite compliquée, voire impossible. Mon travail de persuasion doit agir en douceur et je ne force pas le jeune, mais je le mets face à ses progrès et à sa situation.

 

Comment faites-vous pour trouver un logement pour un jeune ?

Il est certain que ce n’est pas facile pour un jeune d’avoir des revenus au moins égaux à trois fois le loyer mensuel et de disposer d’une somme équivalente à au moins un mois de loyer pour la caution. Heureusement, la loi pour l’accès au logement et à un urbanisme rénové (Alur) va nous aider par le cautionnement mutuel. Nous recevons aussi des offres de logements via nos partenaires d’Action logement, et appuyons la demande des jeunes auprès des collectivités locales. Nous recherchons aussi des relations privilégiées avec des propriétaires d’immeubles ou de logements sur Nanterre. Une fois une relation de confiance établie, nous espérons qu’ils acceptent des candidatures venant du Relais accueil du Vallona avec bienveillance.

 

Le jeune doit-il aussi être accompagné dans ses démarches d’installation ?

Oui, même si nous accompagnons le jeune pour trouver son appartement, pour la signature de son contrat et pour les démarches administratives, certains jeunes se sentent rapidement seuls et très angoissés. Bien souvent, je suis donc là pour les ouvertures de compteur et les premiers pas dans leur vie en autonomie.