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| L’actualité du réseau Prévenir les conduites à risques des jeunes grâce au jeu théâtral
Juin 2008 « Pas si simple… mais pas si compliqué non plus ! », tel était le thème de l’intervention théâtrale autour de problématiques liées à la contraception, la sexualité et la relation amoureuse, initiée avec les résidantes du Service social breton (Paris 15e) le 4 juin dernier. Sylvie Darrasse, directrice du foyer, revient sur cette expérience enrichissante. Qu’est-ce qui a motivé cette action ?
Comment s’est déroulée l’intervention théâtrale ? D’une durée d’environ deux heures, elle a été organisée en soirée avec comme accroche « Pas si simple… mais pas si compliqué non plus ! », fil conducteur proposé par Entrées de jeu pour aborder la prévention du sida et des maladies sexuellement transmissibles, la sexualité et les relations affectives. L’intervention s’est déroulée en trois temps et les acteurs ont, en premier lieu, proposé des scénettes autour de situations comme « le premier pas », « la tentative de rupture » ou « première nuit ». La scène étant ensuite rejouée par les comédiens, les résidantes ont été invitées avec beaucoup de tact à soumettre leur propre point de vue sur la situation représentée, voire à l’expérimenter sur scène. Dans un troisième temps, les acteurs ont repris chaque suggestion de manière professionnelle et humoristique. Une fois toutes les scénettes jouées et en guise de conclusion, les comédiens ont dégagé les points forts de l’intervention et fourni des repères par rapport aux thématiques abordées. A titre d’exemple, ils ont souligné l’importance de l’écoute de l’autre dans la relation amoureuse et rappelé l’existence de la pilule du lendemain comme moyen de contraception d’urgence. Quel a été son impact auprès des jeunes ? Cette action a remporté un franc succès et bénéficié de nombreux retours positifs de la part des résidantes, on l’a notamment constaté au travers des questionnaires remplis par les jeunes qui quittent le foyer. La convivialité des échanges a désinhibé les résidantes du foyer et, parmi la trentaine de jeunes présentes, cinq se sont prêtées au jeu et se sont mises en scène. Il faut dire aussi que les comédiens, qui travaillent habituellement avec des collégiens, se sont totalement adaptés à notre public, avec une grande maîtrise des sujets évoqués. J’ajouterai que ce mode d’intervention théâtrale est intéressant dans le sens où il se démarque d’une représentation classique. Il permet, de façon à la fois interactive, ludique et pédagogique, de traiter de questions qui, au premier abord, semblent inextricables ou tabous et de donner des informations pour prévenir certaines situations à risques. Comment avez-vous préparé les modalités de cette intervention ?
Prévoyez-vous des suites à cette action ? Globalement et sur les deux projets, le programme « Etre une femme aujourd’hui » se poursuit et, autre forme d’implication des jeunes, nous venons de terminer le film réalisé avec les résidantes à partir de scénarios écrits par leurs soins. Concernant la prévention des conduites à risques chez les jeunes, l’intervention théâtrale du 4 juin dernier clôturait les actions initiées avec la DASES, il nous reste à faire le bilan. Dans la continuité, nous envisageons de travailler avec le Centre régional d’information et de prévention du sida (CRIPS) Ile-de-France. Nous souhaitons également appliquer à d’autres thèmes le principe du débat théâtral. Ce dernier représente, par son interactivité, un formidable vecteur pour éveiller l’intérêt des résidantes aux activités proposées par le foyer et dédramatiser les questions qui les préoccupent, sans les banaliser. « Etre une femme aujourd’hui », un projet du Service social breton Ce projet sur l’image et de la place des femmes dans la société, mené au Service social breton depuis la fin 2007, tire ses origines d’une inquiétude de l’équipe éducative du foyer face aux troubles alimentaires de nombreuses résidantes. Ces comportements peuvent, en effet, présenter des risques pour la santé des jeunes mais aussi refléter un malaise lié à la tentation de se conformer à tout prix à un modèle de beauté. Dans le prolongement des actions réalisées sur l’alimentation et la nutrition, il est apparu primordial d’inciter les résidantes à réfléchir sur les stéréotypes féminins (et masculins) qui, outre créer un mal-être, peuvent les empêcher de faire des choix dans leur vie personnelle, sociale et professionnelle. Le programme « Etre une femme aujourd’hui » a pour objectif de fournir aux résidantes les outils et informations utiles à cette réflexion ainsi que des clés pour appréhender au mieux les situations problématiques qu’elles sont susceptibles de rencontrer en tant que femmes. Cette initiative se décline autour de plusieurs thèmes : les femmes et leur corps, la sexualité, les violences faites aux femmes, le travail et l’emploi au féminin. Elle recourt à des moyens d’expression variés : la photographie, le modelage, l’écriture de scénarios, la danse, le théâtre, des débats avec un psychothérapeute portant notamment sur l’image du corps. Avec l’appui de professionnels de tous horizons, cette démarche se poursuit jusqu’à la fin de l’année et implique largement les jeunes, en particulier dans les ateliers créatifs et les débats.
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